Plomb dans l’eau : les Septiliens et Baie-Comois invités à faire analyser leur tuyauterie
Difficile de déterminer le nombre de résidences de Sept-Îles et de Baie-Comeau dont la tuyauterie affiche des concentrations élevées de plomb. Mais pour le savoir, les deux municipalités invitent leurs citoyens dont la résidence a été construite avant les années 1980 à faire analyser leur eau courante dans les prochains mois. Depuis 2013, la Municipalité de Sept-Îles étudie son large réseau d’aqueduc pour déterminer s’il contient des composants en plomb, un métal nocif pour la santé. Douze ans plus tard, pas de doute, les seules concentrations de plomb qui dépassent la norme canadienne proviennent de la tuyauterie des certaines résidences septiliennes, généralement construites avant 1975. Depuis les années 1980, l’utilisation du plomb en tuyauterie est interdite, notamment dans les entrées de service d’eau résidentielle. D’ailleurs, dans son bilan annuel de la qualité de l’eau potable de 2024, la Ville de Sept-Îles recense trois échantillons prélevés chez des citoyens dont la concentration dépassait de 8 à 20 fois la norme canadienne de 5 microgrammes par litre (μg/L). Des concentrations de cette ampleur sont sérieuses, selon Jean-François Gernier. Dans ce genre des situations, le citoyen est contacté pour lui transmettre des recommandations. Les Septiliens pourront faire analyser leur eau potable entre les mois de juillet et septembre, selon Jean-François Grenier. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Alban Normandin Encore aujourd’hui, on peut acheter des robinets sur Amazon qui ne sont pas certifiés, qui contiennent des composantes au plomb qui [elles] vont générer énormément de plomb. [...] La priorité, évidemment c’est de remplacer ces composants pour éviter cette problématique. Selon Jean-François Grenier, seul un Toutefois, les demeures dont la construction date d’avant 1975 sont priorisées. Les citoyens qui souhaitent faire analyser leur eau gratuitement peuvent remplir un formulaire à ces fins sur le site internet de la Ville. Les maisons les plus à risque se trouvent dans les secteurs de Moisie, Clarke City, et sur les rues Arnaud et de Quen, selon la municipalité. Chaque année, l’eau de 34 résidences est échantillonnée à Sept-Îles dans le cadre du programme de détection du plomb et du cuivre dans l’eau potable. Du côté de Baie-Comeau, dans les secteurs de Sainte-Amélie, Saint-Georges, Saint-Nom-de-Marie, ces échantillonnages sont plus pertinents, selon l’agent aux communications à la Ville de Baie-Comeau, Pierre-Olivier Normand. Le quartier Sainte-Amélie à Baie-Comeau. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin Mais Selon lui, certains Baie-Comois craignent d’être obligés de remplacer leur tuyauterie si les analyses de leur eau potable révèlent des concentrations élevées de plomb. Or, cette inquiétude est non fondée, indique Pierre-Olivier Normand. Il rappelle que ces analyses sont gratuites, se font sur une base volontaire et permettent aux citoyens d’obtenir des conseils de la municipalité. Pour la médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive à l’Institut national de Santé publique du Québec (INSPQ) Caroline Huot, les effets nocifs d’une exposition prolongée au plomb, eux, sont bien réels. Les études démontrent que le plomb peut avoir de faibles effets sur le plan neurologique chez les fœtus, les nourrissons et les jeunes enfants, selon la médecin. Une exposition à long terme au plomb peut se traduire par une diminution du quotient intellectuel et favoriser le développement de troubles neurodéveloppementaux, comme l’hyperactivité. La Dre Caroline Huot affirme que les jeunes et les femmes enceintes sont des groupes plus à risque, lorsqu'exposés au plomb à long terme. (Photo d'archives) Photo : Capture d'écran Selon l’INSPQ, le plomb peut aussi avoir des effets négatifs chez les adultes. Une exposition chronique peut augmenter la pression artérielle et avoir des répercussions sur les reins en plus d’être potentiellement cancérigène. En attendant de connaître la concentration de plomb dans votre tuyauterie, la Ville de Sept-Îles donne quelques conseils de prévention aux citoyens. Il est recommandé de laisser couler l’eau du robinet quelques minutes avant de la consommer, surtout le matin et en fin de journée. Les citoyens qui utilisent de l’eau pour la préparation d’aliments sont encouragés à utiliser seulement de l’eau froide, puisque l’eau chaude a tendance à contenir plus de plomb. Ils peuvent aussi utiliser un pichet filtrant ou un filtre sous l’évier pour traiter leur eau potable.Il y a un protocole pour identifier la provenance du plomb et à tous les coups, on voit soit un robinet non certifié ou des composantes avec des soudures en plomb. C’était une pratique assez commune entre les années 1940 et les années 1970
, explique le chef du service de l’environnement à la Ville de Sept-Îles, Jean-François Grenier.Échantillons d’eau à Sept-Îles ayant dépassé la norme canadienne en 2024
Substance évaluée Lieu de prélèvement Norme applicable Résultat obtenu Plomb Chez un citoyen 0,005 (μg/L) 0,040 (μg/L) Plomb Chez un citoyen 0,005 (μg/L) 0,006 (μg/L) Plomb Chez un citoyen 0,005 (μg/L) 0,117 (μg/L) 
Quels sont les secteurs les plus touchés?
faible pourcentage
des résidences les plus anciennes à Sept-Îles ont des composants en plomb.
force est d’admettre que le taux de personnes qui se portent volontaires [pour des échantillonnages] est très bas
, confie le porte-parole.Le plomb et ses effets nocifs sur la santé

On ne connaît pas le niveau [...] de plomb dans le sang qui peut avoir ces effets chez les jeunes enfants, c’est pour ça qu’on aime mieux dire ‘’le plomb, le moins possible’’
, ajoute-t-elle.
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